Le vin est une boisson alcoolisée obtenue par la fermentation du raisin, fruit des vignes (dont Vitis vinifera). En Europe, selon la définition légale, le vin est le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale ou partielle, de raisins frais, foulés ou non, ou de moûts de raisins. La transformation du raisin en vin est appelée la vinification. L'étude du vin est l'œnologie.

La grande variété de vins existant au monde s'explique par le grand nombre de terroirs,de cépages, de modes de vinification ou de types d'élevage. Ainsi ils peuvent donner des vins rouges, rosés ou blancs, mais aussi des vins secs ou doux, tranquilles ou effervescents. La viticulture a colonisé une vaste partie du monde et de très nombreux pays sont producteurs de vin.

lundi 27 juin 2011

L'origine du vin

L'histoire du vin s'enchevêtre inextricablement à celle de l'homme.
Nous savons que la civilisation naquit de l'agriculture : quand les premiers nomades semèrent des graines et attendirent la récolte, leurs errances cessèrent. On pourrait dire avec plus d'exactitude que la civilisation commença avec le vin car la vigne prend plus de temps à produire que n'importe quelle autre plante et ne donne de raisins pour la vinification qu'au bout de quatre ans. Après avoir passé quatre ans en un endroit quelconque, la tribu nomade s'était bien stabilisée et pratiquait déjà quelques arts domestiques.

Nous ne savons pas quand l'homme commença à boire du vin, mais il l'accepta comme un don des dieux : les Egyptiens l'attribuaient à Osiris, les Grecs à Dionysos, les Arméniens soutiennent que Noé planta le premier vignoble près d'Erivan. Etant donné qu'on a trouvé des pépins de raisins dans les cavernes préhistorique on pourrait admettre que le vin est plus ancien que l'histoire; il n'est pourtant guère vraisemblable que l'homme des cavernes aie su faire fermenter ses raisins. Quand il fit cette découverte, ce fut sans doute fortuitement. Selon une légende, un roi de Perse qui raffolait des raisins, en conserva dans une grande jarre marquée "poison". Quelque temps plus tard, une des beauté de son harem qu'il négligeait, lasse de la vie, but le breuvage contenu dans cette jarre... Le poison était devenu si délicieux que, rassérénée, elle en porta un gobelet au roi; il but, accorda de nouveau ces faveurs à la dame et décréta que dorénavant il fallait laisser fermenter les raisins. Quelle que soit la manière dont les Perses le découvrirent, ils aimèrent certainement le vin; selon Hérodote, ils discutaient en conseil de l'Etat toutes les questions importantes deux fois de suite: la première fois en buvant et la fois suivante à jeun.

La Mésopotamie et les flancs du Caucase comptèrent à coup sûr parmi les premières régions vinicoles; la Scène de Libation du panneau "Standard" d'Our, qui se trouve actuellement au British Museum, date de la première moitié du troisième millénaire avant l'ère chrétienne. En Egypte on plantait des vignes pour faire des vins funéraires peu après l'an 3000 avant J.-C.; les premières légendes au sujet de la consommation du vin en Chine datent sensiblement de la même période. En tout cas, on estime que la Grèce - premier pays d'Europe ou l'on fit du vin - apprit cet art de l'Orient et aussi, très certainement, de l'Egypte.

Les plus anciennes traces écrites du vin en Egypte sont les sceaux sur les bouchons des amphores trouvées dans les tombeaux de la période prédynastique. Au premier temps, le roi possédait sa propre vigne d'où provenaient les vins funéraires et (selon H.F. Lutz.) Un lopin planté de vigne à usage domestique lui fournissait son vin de table. Les vignobles appartenant à des personnages importants portaient déjà des noms : Ramsès III ( 1198-1166 avant J.-C.) planta les célèbres vignes de Kan-Komet de même que de nouveaux vignobles dans les Oasis. Une vigne de Zoser porte un nom d'une longueur remarquable: " loué soit Horus qui est au seuil des cieux." Les Egyptiens désignaient parfois plus succinctement le vin de ce cru en ces termes : "breuvage d'Horus" . D'autres part, certains sceaux peuvent être considérés comme des modèle de clarté, notamment celui-ci : " En l'année XXX Bon vin du vaste terrain irrigué du Temple de Ramsès II à Per-Amon. Le chef des vinificateurs, Toutmès :. "Il serait à souhaiter que toutes les étiquettes soient aussi honnêtes, explicites et rédigées aussi simplement."

Etant donné l'uniformité de la température en Afrique, la récolte ne différait guère en qualité d'une année à l'autre. Le sol est d'une importance vitale pour la vigne, partout ou elle pousse; les Egyptiens se souciaient du site de leurs vignobles car ils savaient déjà que les vignes poussaient mieux à proximité du delta ou elles étaient irriguées tous les ans par la crue du Nil; mais les terrains marécageux ne leurs convenant pas, on les plantait sur des levées artificielles entourées de murs.

Les reliefs et peintures murales des tombeaux nous offrent encore aujourd'hui de clairs tableaux de la vie en Egypte antique.

On y voit les ouvriers vendanger avec des couteaux à lames incurvées ressemblant à la faucille dont on se sert encore à l'occasion.

Les femmes cueillaient les grappes et les jetaient dans des hottes d'osier portées par les hommes ou bien dans des paniers accrochés à un balancier posé sur les épaules. C'est ainsi que le raisin allait aux presses. Les Egyptiens faisaient fermenter leur vendanges dans des cuves en bois d'acacia. Ils le foulaient au rythme d'une chanson entraînante, accompagnée de claquement de mains. Ce spectacle est encore familier à tous ceux qui ont assisté aux vendanges sur les bords du Douro ou en Espagne. Le parallèle avec les temps modernes ne s'arrête pas là. Un certain Bilgaï, "surveillant de la forteresse de la mer", nota sans vergogne sur une stèle qu'il avait imposé à la population une redevance de 23 568 mesures de vin en plus de ce qui était dû au percepteur des taxes. En outre, le code d'Hammourabi (Babylone, 2000 avant J.-C.) précise les conditions dans lesquels il est permis d'acheter du vin : le marchand qui ne donnait pas la mesure devait être jeté à l'eau. Alors comme aujourd'hui, la fraude sévissait dans les affaires du vin.

Nous savons peu de chose quant au vin des gens du commun car ils n'avaient pas les moyens de se faire enterrer dans de grands tombeaux ni de faire graver leur histoire et leurs méditations sur la pierre. Probablement bivaient-ils du vin de palme et de dattes ainsi que de la bière d'orge. Le vin royal et celui des riches était surtout blanc. Voici les plus célèbres types de ces vins :
  • Le Maréotique - Produit par des vignes proches du site sur lequel Alexandrie fut bâtie par la suite. C'était un blanc doux, léger, apte à être conservé et doué d'un bouquet odorant. Il fut connu des siècles plus tard à Rome. Selon Horace ce serait la Maréotique qui aurait embrasé le coeur de Cléopatre.
  • Le Taniotique - Athénée (env. 200 de notre ère) le considère comme meilleur que le Maréotique. Vin blanc, verdâtre, doux, onctueux, aromatique, légèrement astringuent. (Athénée disait que les amateurs de vin égyptien mangeaient volontiers du choux bouilli avant les banquets et buvaient ensuite l'eau de cuisson de ces choux pour guérir leur gueule de bois.)
  • Le Sebennyticum - D'après Pline ce vin était fait d'après trois éléments différents : du raisin de Thasos, un raisin dit de suie, et de la résine de pin.